Le gouvernement du Cameroun a apporté des éclaircissements sur le projet de loi portant prolongation du mandat des députés, adopté par l’Assemblée nationale. Cette loi proroge leur mandat jusqu’en décembre 2026, marquant ainsi une deuxième extension, après une première intervenue en 2025.
Réunis en session le 23 mars au Palais de Verre Paul Biya, les députés ont validé ce texte dans un contexte politique et économique jugé complexe.
⚖️ Les justifications du gouvernement
Présent lors des débats, le ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les institutions, François Wakata Bolvine, a défendu la décision prise par le chef de l’État, Paul Biya.
Selon lui, cette prorogation répond à plusieurs contraintes majeures :
• des difficultés budgétaires
• une incapacité logistique de Elections Cameroon (Elecam) à organiser les scrutins dans les délais
• la nécessité de réparer les conséquences de la crise post-électorale de 2025
« Il y a urgence d’attendre », a-t-il résumé, soulignant que l’État doit encore mobiliser les ressources nécessaires pour organiser des élections dans de bonnes conditions.
Le ministre a ainsi indiqué que le président de la République a jugé nécessaire de demander aux députés de prolonger leur mandat afin de permettre au gouvernement de préparer sereinement les prochaines échéances électorales.
🗳️ Une décision contestée par l’opposition
Cette décision ne fait toutefois pas l’unanimité sur la scène politique. Plusieurs acteurs de l’opposition dénoncent une atteinte aux principes démocratiques.
La présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Patricia Tomaïno Ndam Njoya, critique une situation qu’elle qualifie de crise de légitimité.
« La légitimité repose sur des élections libres et transparentes. Si les institutions sont occupées par des responsables dont le mandat est prolongé sans scrutin, cela pose un problème », a-t-elle déclaré, estimant que cette prorogation fragilise la représentation des citoyens.
🔎 Un enjeu institutionnel majeur
Cette nouvelle extension du mandat des députés relance le débat sur le fonctionnement démocratique au Cameroun, entre impératifs pratiques invoqués par le gouvernement et exigences de légitimité électorale mises en avant par l’opposition.
Elle s’inscrit dans un contexte plus large marqué par des tensions politiques, des contraintes économiques et des défis organisationnels liés à la tenue des élections.

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