Panier

  • Votre panier est vide
Info

Tragédie de Zamboï : Akere Muna appelle à une réforme urgente de l’orpaillage au Cameroun

Actualité - Tragédie de Zamboï : Akere Muna appelle à une réforme urgente de l’orpaillage au Cameroun
Email : 1913

L’éboulement meurtrier survenu le 18 août à Zamboï, dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï, dans la région de l’Est, relance le débat sur la sécurité des sites d’exploitation artisanale de l’or au Cameroun. Face à ce nouveau drame, l’ancien bâtonnier Akere Muna appelle à une réforme profonde du secteur et exhorte les pouvoirs publics à faire de la protection des vies humaines une priorité.

Le drame de Zamboï ne doit pas être un accident de plus rapidement oublié. C’est, en substance, le message porté par l’avocat et ancien bâtonnier Akere Muna après l’éboulement meurtrier survenu le 18 août dans cette localité de l’arrondissement de Garoua-Boulaï, à l’Est du Cameroun.

Dans un appel à la nation, l’avocat estime que « Zamboï doit être le drame de trop » et appelle à une mobilisation collective impliquant le gouvernement, le Parlement, les autorités locales, les opérateurs miniers et la société civile.

Un cadre légal à renforcer

Pour Akere Muna, la répétition des accidents sur les sites d’exploitation artisanale révèle les limites du dispositif actuel de prévention et de contrôle.

L’ancien bâtonnier préconise notamment l’adoption et l’application de normes de sécurité plus strictes concernant le creusement et l’étayage des galeries. Il demande également un contrôle régulier des sites par les administrations compétentes afin d’identifier les zones présentant des risques pour les travailleurs et les populations riveraines.

Les exploitations clandestines qui mettent directement en danger des vies humaines devraient, selon lui, faire l’objet de sanctions sévères.

Professionnaliser l’orpaillage artisanal

Au-delà de la répression, Akere Muna plaide pour une véritable professionnalisation du secteur.

Les orpailleurs devraient notamment bénéficier de formations adaptées aux techniques d’exploitation sécurisées, mais également d’une meilleure protection sociale et d’une couverture sanitaire.

L’objectif serait de sortir progressivement une partie de l’activité de l’informel et d’intégrer la sécurité au cœur du fonctionnement des exploitations artisanales.

Cette formalisation permettrait également de mieux identifier les acteurs présents sur les sites et de renforcer la responsabilité des différents intervenants.

Le problème des anciens sites miniers

Akere Muna attire par ailleurs l’attention sur les anciennes exploitations industrielles abandonnées.

Les galeries, excavations et autres infrastructures laissées après la fermeture de certains sites peuvent représenter des dangers pour les populations locales, particulièrement lorsque ces espaces sont ensuite réinvestis par des exploitants artisanaux.

L’ancien bâtonnier appelle ainsi à la réhabilitation de ces sites afin de réduire les risques d’accidents et de protéger les communautés installées à proximité.

Une coopération régionale nécessaire

La situation géographique de Zamboï, dans une zone proche de la frontière avec la République centrafricaine, pose également la question de la coopération transfrontalière.

Pour Akere Muna, le Cameroun devrait renforcer sa collaboration avec la Centrafrique et les autres pays voisins afin d’harmoniser les normes de sécurité dans les zones minières, améliorer le contrôle des activités transfrontalières et faciliter la coordination des secours en cas d’accident.

Il propose également la création d’un fonds national d’indemnisation et d’assistance destiné aux victimes d’accidents liés à l’exploitation minière artisanale et à leurs familles.

Faire de Zamboï un électrochoc

Au-delà du drame humain, la tragédie de Zamboï remet en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux travailleurs du secteur de l’orpaillage artisanal au Cameroun.

L’or constitue une ressource économique importante pour les communautés locales et pour le pays. Mais son exploitation ne peut, selon Akere Muna, se poursuivre au prix de vies humaines exposées quotidiennement à des conditions de travail dangereuses.

La priorité doit désormais être de renforcer les règles, professionnaliser les acteurs, contrôler les sites et responsabiliser l’ensemble de la chaîne de l’exploitation artisanale.

Le drame de Zamboï pourrait ainsi constituer un véritable tournant pour le secteur minier camerounais. Encore faudra-t-il que l’émotion suscitée par cette tragédie débouche sur des mesures concrètes, des contrôles effectifs et des moyens suffisants pour les administrations chargées de veiller à la sécurité des sites.

À Zamboï, l’enjeu dépasse désormais le seul bilan de l’éboulement : il s’agit de savoir si le Cameroun entend tirer les leçons de cette nouvelle tragédie et faire de la sécurité des orpailleurs une exigence incontournable de l’exploitation de ses ressources minières.


 

Articles similaires

0 commentaire

Vous devez vous pour laisser un commentaire.