L’agence fédérale américaine de l’immigration et des douanes (ICE) s’apprête à faire l’acquisition de gants à impulsion électrique. L'annonce de ce contrat d’un montant compris entre 10 et 20 millions de dollars, publié par le département de la Sécurité intérieure (DHS), suscite une vive controverse auprès des élus démocrates et des organisations de défense des droits civiques.
Connu sous le nom de G.L.O.V.E. (Generated Low Output Voltage Emitter), ce matériel est fabriqué par la société Compliant Technologies, basée dans le Kentucky. À première vue, le dispositif ressemble à un gant de patrouille ordinaire. Cependant, lorsque l'agent active un interrupteur situé au niveau du poignet, des électrodes intégrées à la paume envoient des impulsions électriques. Contrairement à un Taser, qui projette des ardillons à distance, ce gant nécessite un contact direct avec la peau. Il délivre une décharge électrique destinée à surcharger les nerfs sensitifs et provoquer une douleur immédiate pour forcer la compliance d'une personne qui résiste. Le fabricant assure que le dispositif ne laisse ni brûlures ni cicatrices.
Le Département de la Sécurité Intérieure justifie cette acquisition en affirmant que l'ICE évalue en permanence les besoins de ses équipes sur le terrain afin de leur fournir des outils non létaux adaptés pour procéder aux arrestations. Les gants doivent être attribués aux agents des divisions HSI (Homeland Security Investigations) et ERO (Enforcement and Removal Operations). Bien que le matériel soit déjà utilisé aux États-Unis par certains services de police locaux ou au sein d'établissements pénitentiaires, son déploiement à grande échelle pour des opérations de contrôle d'immigration dans l'espace public est inédit.
Cette décision suscite de nombreuses inquiétudes chez les défenseurs des droits humains et plusieurs représentants politiques :
- Inquiétudes sur la formation : Des observateurs soulignent les risques de dérives si ces armes de contact sont confiées à des agents sur le terrain sans encadrement ni protocole de désescalade rigoureux.
- Conséquences médicales : Bien que classé comme dispositif de « distraction conductive », le manuel du fabricant déconseille l'usage du gant sur les femmes enceintes, les personnes âgées ou les individus souffrant de troubles cardiaques. Des associations comme Amnesty Internationalont régulièrement mis en garde contre les risques de torture ou de mauvais traitements liés aux armes à choc électrique de contact.
- Usage lors de contrôles civils : Les critiques rappellent que les infractions liées au séjour irrégulier relèvent du droit civil et s'inquiètent de l'usage d'une telle force coercitive lors d'arrestations quotidiennes.
Selon les documents d'approvisionnement du gouvernement fédéral, la livraison et le déploiement de ces équipements s'échelonneront jusqu'au début de l'année 2027, le temps pour l'agence d'élaborer les protocoles de formation requis.

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