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Carnet noir : Ananie Rabier Bindzi, le passeur de mémoire s’en est allé

Actualité - Carnet noir : Ananie Rabier Bindzi, le passeur de mémoire s’en est allé
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Le Cameroun perd une figure majeure du journalisme et de la transmission de la mémoire. Ananie Rabier Bindzi, journaliste, historien et chroniqueur, est décédé après plusieurs décennies consacrées à raconter l’histoire du Cameroun et de l’Afrique.

Né à Douala au début des années 1940, Ananie Rabier Bindzi a connu une enfance marquée par la précarité. Il grandit notamment autour du marché central et du marché des chèvres, avant d’intégrer le Collège Libermann, puis l’école militaire de Brazzaville en 1956.

Son parcours le conduira ensuite en France, où il étudie la communication à l’EFAP. Il entame alors une longue carrière journalistique qui le verra collaborer avec plusieurs titres de référence, notamment Jeune Afrique, Africa International et Afrique-Asie.

Mais c’est à la télévision camerounaise qu’il laissera probablement son empreinte la plus forte. Chaque dimanche, sur Canal 2 International, son émission « La Tribune de l’Histoire » était devenue un rendez-vous incontournable pour de nombreux Camerounais.

Une bibliothèque vivante

Avec sa mémoire exceptionnelle et sa connaissance des grandes figures de l’histoire contemporaine, Ananie Rabier Bindzi s’était donné pour mission de faire revivre les épisodes parfois oubliés de l’histoire du Cameroun et de l’Afrique.

Il recueillait les témoignages d’anciens acteurs de la décolonisation, de responsables politiques et de témoins des premières années de l’indépendance. À travers ses émissions, il donnait également la parole à des personnalités dont les parcours étaient progressivement tombés dans l’oubli.

Surnommé à juste titre « une bibliothèque vivante », il aura ainsi contribué à transmettre une mémoire qui risquait parfois de disparaître avec ceux qui en étaient les derniers témoins.

Son travail n’a cependant pas toujours échappé aux controverses. Certaines de ses émissions et prises de position ont suscité des débats. Mais au-delà des polémiques, demeure l’image d’un journaliste passionné par l’histoire et profondément attaché à la transmission.

Le devoir de mémoire

 Rabier Bindzi aura consacré une grande partie de sa vie à rendre hommage à ceux qui ont marqué l’histoire du Cameroun, connus ou oubliés.

Sa disparition pose désormais la question de la transmission de cette mémoire aux générations futures. Les archives qu’il a constituées, les témoignages qu’il a recueillis et les récits qu’il a partagés constituent un patrimoine qu’il faudra préserver.

À sa famille, à son épouse qui l’a accompagné jusqu’au bout, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté journalistique camerounaise, vont les pensées et les condoléances.

Le passeur s’en est allé. Mais la mémoire qu’il a patiemment transmise demeure. À ceux qui lui succèdent désormais de reprendre le fil.

Reposez en paix, Père Bindzi.


 

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