Le gouvernement ghanéen a choisi de dire non à une importante contribution de MTN Ghana. L’opérateur avait proposé 20 millions de cédis, soit environ 1,8 million de dollars, pour accompagner les ressortissants ghanéens rapatriés d’Afrique du Sud à la suite des récentes violences xénophobes.
Un refus assumé par les autorités, qui affirment disposer déjà des ressources nécessaires pour financer l’évacuation et la réintégration de leurs citoyens.
Une décision prise avant la médiatisation de l’offre
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères assure que ce refus ne résulte pas de la médiatisation de la proposition de MTN.
La question avait été abordée directement le 14 août lors d’une rencontre entre les responsables de MTN Ghana et le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.
À cette occasion, le gouvernement aurait fait savoir à l’entreprise qu’il avait déjà mobilisé les fonds nécessaires pour prendre en charge les opérations en cours.
« Le gouvernement du Ghana félicite MTN pour cette offre, cependant, nous déclinons respectueusement », a indiqué le ministère dans son communiqué du 26 août.
MTN voulait aller au-delà du simple rapatriement
La proposition de MTN ne concernait pas uniquement l’évacuation des ressortissants ghanéens.
Selon Ishmael Yamson, président du conseil d’administration de MTN Ghana, l’entreprise souhaitait mettre en place un soutien financier permettant aux rapatriés de reconstruire leur vie une fois revenus au Ghana.
Le groupe avait d’abord envisagé une enveloppe inférieure à un million de dollars avant de porter son engagement à près de 1,8 million de dollars.
Malgré l’importance de cette somme, Accra a préféré conserver la maîtrise financière du dispositif.
Déjà onze vagues de rapatriement
Le refus intervient alors que les opérations de retour se poursuivent.
Le 19 août, les autorités ghanéennes annonçaient l’arrivée à Accra d’un onzième groupe de 87 ressortissants évacués d’Afrique du Sud.
Ces rapatriements sont organisés dans un contexte de violences xénophobes qui ont suscité l’inquiétude d’Accra et poussé les autorités à organiser le retour de leurs citoyens exposés aux violences.
Accra promet de rendre les comptes publics
Conscient que le refus d’une aide privée aussi importante pourrait susciter des interrogations, le gouvernement ghanéen mise sur la transparence.
Le ministère des Affaires étrangères promet de publier le coût total des opérations d’évacuation une fois le processus achevé.
Cette publication permettra notamment de comparer les dépenses engagées par l’État avec les 20 millions de cédis proposés par MTN.
Le gouvernement affirme par ailleurs qu’il continuera à financer la réintégration des ressortissants rapatriés.
Un message de souveraineté financière
Au-delà de la dimension humanitaire, la décision d’Accra traduit aussi une volonté de montrer que l’État entend assumer directement la protection de ses citoyens.
Le gouvernement prend toutefois soin de préciser que ce refus ne constitue pas un rejet de MTN, dont les activités restent importantes dans l’économie ghanéenne.
Accra assure vouloir continuer à offrir un environnement favorable aux entreprises internationales présentes sur son territoire.
Le gouvernement désormais attendu sur les résultats
Le débat pourrait néanmoins se poursuivre. Refuser 20 millions de cédis implique désormais pour l’État ghanéen de démontrer qu’il dispose effectivement des moyens nécessaires pour assurer une prise en charge complète des rapatriés.
La publication annoncée des dépenses sera donc particulièrement scrutée.
En attendant, le choix d’Accra est clair : pas de financement privé pour cette opération, le gouvernement veut assumer seul la facture du rapatriement et de la réintégration de ses ressortissants.

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