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Nouveau tournant judiciaire dans l'affaire Mohamed Al-Fayed.

Actualité - Nouveau tournant judiciaire dans l'affaire Mohamed Al-Fayed.
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Selon des informations révélées ce mois-ci par le ministère britannique de l’Intérieur (Home Office), au moins cinq rescapées des agressions commises par l'ancien propriétaire de Harrods ont été officiellement reconnues comme victimes de traite d'êtres humains et d'esclavage moderne.

Cette qualification juridique inédite confirme que les violences subies par ces femmes ne relevaient pas d'actes isolés, mais d'un système structuré et organisé de recrutement. Selon les conclusions transmises aux plaignantes, certaines victimes ont fait l'objet d'un trafic international ou domestique, attirées par de fausses offres d'emploi ou sélectionnées directement au sein du personnel du célèbre grand magasin londonien avant d'être soumises à des abus sexuels. Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'enquête Operation Cornpoppy, menée par la police métropolitaine de Londres pour identifier d'éventuels complices ayant facilité, organisé ou étouffé les agissements du milliardaire égyptien. Quatre personnes ont déjà été interrogées par les enquêteurs britanniques.

Décédé en août 2023 à l'âge de 94 ans sans jamais avoir été jugé, Mohamed Al-Fayed fait l'objet de plus de 400 accusations d'agressions sexuelles, de viols et de séquestrations s'étalant sur près de quatre décennies. L'affaire déborde largement les frontières britanniques :

  • En France : Le parquet de Paris a ouvert une enquête pénale pour traite d'êtres humains aggravée. Les juges français cherchent à faire la lumière sur l'utilisation du palace parisien Le Ritz — propriété du milliardaire — et sur les auditions médicales forcées imposées à de jeunes recrues à Paris avant leur transfert vers Londres.
  • Au Royaume-Uni : L'IOPC (l'organe de contrôle de la police britannique) examine les défaillances historiques de la Metropolitan Police, accusée d'avoir négligé ou classé sans suite plusieurs plaintes visant Al-Fayed dès les années 1990.

Pour les associations de défense des victimes et les avocats des plaignantes, cette officialisation du statut de victimes de la traite constitue un pas essentiel pour établir la responsabilité pénale des collaborateurs et des institutions ayant permis au système Al-Fayed de fonctionner pendant près de quarante ans.

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