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Cuba de nouveau plongée dans le noir absolu après un effondrement total de son réseau électrique

Actualité - Cuba de nouveau plongée dans le noir absolu après un effondrement total de son réseau électrique
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Le réseau électrique national cubain s'est entièrement effondré, plongeant l'ensemble de l'île et ses quelque 9,6 millions d'habitants dans une obscurité totale. Il s'agit du premier blackout général enregistré au mois d'août, survenant après une série d'effondrements similaires en juillet et marquant une aggravation dramatique de la crise énergétique subie par le pays. L'entreprise publique d'électricité Unión Eléctrica (UNE) et le ministère de l'Énergie ont confirmé sur les réseaux sociaux la « déconnexion totale » du Système Électrique National. Dans la capitale, La Havane, les feux de circulation s'éteignent instantanément, contraignant les habitants à se déplacer à la lumière de leurs téléphones portables et de torches portatives. Seuls quelques établissements prioritaires — hôpitaux, infrastructures essentielles et grands complexes hôteliers — continuent de fonctionner grâce à leurs propres groupes électrogènes.

Les autorités ont immédiatement déclenché les protocoles d'urgence pour stabiliser les micro-réseaux locaux et tenter une reconnexion progressive. Toutefois, la remise en service globale du réseau s'annonce délicate et pourrait s'étaler sur plusieurs jours. Cet effondrement répété s'explique par la combinaison de deux facteurs majeurs :

  • Infrastructures obsolètes : La production nationale repose essentiellement sur huit centrales thermoélectriques vieilles de plus de 40 ans, souvent vétustes et sujettes à des pannes en chaîne. La défaillance inopinée d'une seule unité entraîne fréquemment un « effet domino » détruisant l'équilibre global de la distribution.
  • Pénurie drastique de combustible : Cuba souffre d'un manque criant de gazole et de fioul requis pour alimenter ses centrales thermoélectriques ainsi que ses centrales flottantes. Le tarissement des livraisons de son partenaire vénézuélien, conjugué au durcissement des sanctions pétrolières imposées par Washington, a asséché les réserves nationales.

Pour la population cubaine, cette nouvelle panne d'ampleur nationale alourdit un quotidien déjà éprouvant. En plus des pannes générales répétées, les délestages électriques programmés dépassent régulièrement 10 à 15 heures par jour dans la plupart des provinces. L'absence de courant interrompt le pompage et la distribution d'eau potable, neutralise les systèmes de climatisation et de ventilation en pleine chaleur estivale et empêche la conservation des denrées alimentaires dans les réfrigérateurs. Le gouvernement dirigé par le président Miguel Díaz-Canel qualifie la situation d'« étouffement économique » et attribue l'origine du désastre aux blocus et pressions extérieures.

Face à l'urgence, la direction politique a récemment validé des réformes inédites pour tenter de soulager le marché, autorisant pour la première fois des investissements privés et étrangers dans le secteur de l'importation et de la distribution de carburant. Cependant, le Premier ministre Manuel Marrero Cruz a lui-même reconnu que les résultats de ces mesures ne se feront sentir que de manière très progressive, alors que la population cubaine fait face à une urgence énergétique immédiate.

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