La journaliste de 45 ans, ancienne patronne de la chaîne Russia Today France et figure récurrente des médias du groupe Bolloré, est accusée par l'exécutif d'être un relais de désinformation pour le Kremlin. Son conseil a annoncé former immédiatement un recours. Le ministère de l’Intérieur a confirmé la notification, ce mercredi 29 juillet 2026, d’un arrêté ministériel d’expulsion visant la chroniqueuse de nationalité russe Xenia Fedorova, confirmant une information initiale de Libération.
Selon les extraits du document remis à son avocat par la préfecture de police de Paris, la Place Beauvau estime que le « comportement » de Xenia Fedorova « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et que sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». L'exécutif qualifie l'ancienne dirigeante de RT France (2017-2022) de « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes ». Il lui est reproché d'intervenir dans le débat public pour « manipuler l’opinion » et « saper la confiance des citoyens européens et français envers leurs institutions ». Interdite de territoire en Allemagne, l'intervenante s'était vu renouveler son titre de séjour en France pour dix ans en 2024, une situation qui suscitait depuis plusieurs semaines de vives polémiques au sein de la classe politique.
Depuis la suspension de Russia Today dans l'Union européenne à la suite de l'invasion de l'Ukraine, Xenia Fedorova intervient régulièrement comme chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et dans Le JDNews, entités contrôlées par le groupe de Vincent Bolloré. Dans un communiqué conjoint publié dans la foulée de l'annonce, les groupes Canal+ et Lagardère ont vivement dénoncé une mesure constituant selon eux « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ».
L'avocat de la chroniqueuse, Mᵉ Emmanuel Piwnica, a indiqué à l'AFP son intention de former un recours en annulation en urgence devant la justice administrative afin de suspendre l'exécution de l'arrêté.

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