À quelques semaines de l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Yacine Idriss Diallo se retrouve sans adversaire déclaré, mais pas sans difficultés. Seul candidat retenu pour le scrutin du 12 septembre 2026, le président sortant espère décrocher un deuxième mandat. Pourtant, les tensions au sein de son propre camp montrent que l’unité recherchée reste fragile.
Le scénario électoral semble, à première vue, favorable au président sortant. À la clôture du dépôt des candidatures, le 10 août, seul le dossier de la liste conduite par Yacine Idriss Diallo avait été enregistré. Ses potentiels concurrents, notamment Souleymane Cissé et Ibrahim Diallo, ne se sont finalement pas présentés.
Mais cette candidature unique ne signifie pas pour autant que la FIF a retrouvé la sérénité.
Une unité de façade ?
Depuis plusieurs semaines, les tractations autour de la succession de Yacine Idriss Diallo ont révélé des divergences au sein de son entourage. Le cas de Malick Adam Tohe, son premier vice-président, est particulièrement révélateur. Celui-ci avait été présenté comme un possible candidat à la présidence avant finalement de renoncer et d’apparaître aux côtés de Diallo lors du dépôt de candidature de ce dernier.
La recomposition de l’équipe dirigeante témoigne également de ces arbitrages. Pour son deuxième mandat, Diallo a procédé à plusieurs changements dans son comité exécutif, avec notamment des départs et de nouvelles entrées.
Dans ce contexte, les tensions entre responsables de la fédération prennent une importance particulière. Une violente altercation entre deux vice-présidents du candidat unique est venue illustrer les fractures qui traversent l’institution, malgré les appels répétés à l’unité.
Diallo veut capitaliser sur son bilan
Face aux critiques, Yacine Idriss Diallo met en avant son bilan. Lors de l’Assemblée générale ordinaire de mai dernier, le président de la FIF avait insisté sur la bonne santé de l’institution et sur l’approbation des comptes de l’exercice écoulé.
Son équipe entend désormais poursuivre le travail engagé au cours du premier mandat et promettre une nouvelle étape dans la transformation du football ivoirien. Lors du dépôt de sa candidature, Diallo expliquait vouloir « continuer ce que nous avons commencé », tout en améliorant et en consolidant les acquis.
La qualification des Éléphants pour la Coupe du monde 2026 constitue également un atout politique pour le président sortant. Elle lui permet de s’appuyer sur les performances de la sélection nationale pour défendre la politique menée depuis son arrivée à la tête de la fédération.
Le véritable enjeu : gouverner après l’élection
La question ne sera donc pas seulement de savoir si Yacine Idriss Diallo sera réélu. Sauf surprise lors de la procédure de contentieux, il se présente comme le grand favori, puisqu’il est actuellement l’unique candidat retenu.
L’enjeu sera surtout de savoir avec quelle équipe et dans quel climat il commencera son deuxième mandat.
Une élection sans adversaire peut donner l’impression d’une institution rassemblée. Les tensions apparues ces dernières semaines racontent pourtant une autre histoire. Derrière l’unité affichée, des ambitions personnelles, des divergences de stratégie et des rivalités internes semblent toujours présentes.
Le scrutin du 12 septembre à Yamoussoukro pourrait donc consacrer la reconduction de Yacine Idriss Diallo, mais il ne suffira pas nécessairement à refermer les fractures de la FIF.
Pour le président sortant, le plus difficile pourrait finalement commencer après sa réélection : transformer une victoire sans opposition en véritable consensus autour de sa gouvernance.

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