À l’issue d’une réunion jugée stérile par les syndicats ce mercredi 21 octobre à Matignon, Sophie Binet a appelé à « généraliser la grève » dans l'ensemble des lieux de travail. La CGT entend ainsi durcir le rapport de force face au gouvernement.
La rupture est actée. Reçus pendant deux heures et demie ce mercredi 21 octobre à Matignon par le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement, les représentants des syndicats sont ressortis sans aucune concession sur leurs principales revendications. Salaires, pouvoir d’achat, pensions et moyens alloués aux services publics : la CGT déplore l’absence totale d’annonces concrètes.
« Le Premier ministre et le gouvernement ne nous ont annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a fustigé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à sa sortie de la réunion. Estimant que le dialogue social restait sans réponse face à l’urgence de la situation économique, la dirigeante syndicale a appelé à « franchir un nouveau cap dans la mobilisation » en généralisant la grève dès le jeudi 5 novembre. Après la journée d'action interprofessionnelle du 17 octobre, le mouvement s'oriente vers un durcissement dans le secteur public comme dans le privé. La centrale syndicale appelle les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités à cesser le travail et à manifester pacifiquement.
Les perturbations s'annoncent d'ores et déjà importantes dans les transports. À la SNCF, les quatre syndicats représentatifs (CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots) ont déjà relayé cet appel unitaire pour la journée du 5 novembre. Des appels à débrayer sont également relayés dans le secteur de l'éducation et de la fonction publique.
Dans son communiqué, la CGT réaffirme le socle de ses revendications :
- Revalorisation des revenus : hausse générale des salaires, du Smic, du point d'indice des fonctionnaires, des bourses étudiantes et des pensions ;
- Moyens pour les services publics : abandon du gel de postes et des coupes budgétaires à l'hôpital, dans l'éducation et la recherche ;
- Justice fiscale : blocage des prix des produits de première nécessité et taxation accrue des hauts patrimoines et dividendes.
Le climat social reste sous tension, sur fond de vives polémiques entourant la gestion du maintien de l'ordre lors des précédentes manifestations du 17 octobre. La CGT a tenu à appeler très fermement à l'organisation de rassemblements « pacifiques », accusant le pouvoir et l'extrême droite d'« instrumentaliser la violence » pour masquer les revendications sociales de fond. L'intersyndicale espère désormais faire de la journée du 5 novembre un point d'orgue de la contestation pour forcer le gouvernement à ouvrir de réelles négociations.

0 commentaire