Ă Conakry, la gestion de la colĂšre qui gronde sur « lâAxe » est devenue un enjeu central pour Mamadi Doumbouya. Depuis sa prise de pouvoir, cette vaste zone populaire, qui sâĂ©tend le long de la route Le Prince, reste un foyer emblĂ©matique de contestation, oĂč frustrations sociales et revendications politiques sâexpriment rĂ©guliĂšrement.
Pour tenter de contenir cette tension, les autoritĂ©s ont optĂ© pour une approche Ă double face. Dâun cĂŽtĂ©, le pouvoir mise sur la fermetĂ©. La prĂ©sence des forces de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© renforcĂ©e dans les quartiers sensibles comme BambĂ©to, Cosa ou Hamdallaye, avec pour objectif dâempĂȘcher les mobilisations et de reprendre le contrĂŽle de cet espace stratĂ©gique. Des opĂ©rations de dĂ©guerpissement et de rĂ©organisation urbaine ont Ă©galement Ă©tĂ© menĂ©es, officiellement pour amĂ©liorer la circulation et moderniser la capitale. Mais sur le terrain, ces actions sont souvent perçues comme brutales, alimentant un sentiment dâinjustice chez de nombreux habitants.
Dans le mĂȘme temps, Mamadi Doumbouya cherche Ă calmer les esprits en multipliant les signaux dâapaisement. Le discours officiel met en avant la volontĂ© de restaurer lâordre tout en promettant des amĂ©liorations concrĂštes des conditions de vie. Les autoritĂ©s tentent ainsi de convaincre que les transformations en cours sâinscrivent dans une dynamique de dĂ©veloppement Ă long terme, et non dans une logique de rĂ©pression ciblĂ©e.
MalgrĂ© ces efforts, la dĂ©fiance reste forte. « LâAxe » continue de cristalliser les tensions sociales en GuinĂ©e et demeure un symbole de rĂ©sistance face au pouvoir central. Entre dĂ©monstration dâautoritĂ© et tentatives de dialogue, le rĂ©gime avance prudemment, conscient que toute erreur pourrait raviver une contestation difficile Ă contenir.

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