L’opposant camerounais Valère Bessala estime que le supposé faux décret présidentiel annonçant un remaniement ministériel ne serait pas une simple fabrication. Selon lui, le document aurait été authentique à l’origine, avant d’être modifié afin d’y ajouter le nom d’un individu se présentant comme vice-président, dans le but de discréditer l’ensemble de l’affaire.
Pour étayer sa thèse, il s’interroge sur le fait que seul le décret mentionnant ce prétendu vice-président ait été rendu public, alors que le document portant composition du gouvernement n’a jamais été diffusé officiellement. D’après lui, ce second texte reprendrait essentiellement les mêmes ministres et hauts responsables déjà en fonction.
« Pensez-vous vraiment qu’un jeune homme, confronté comme tous les Camerounais aux délestages, aux pénuries et aux difficultés quotidiennes, aurait imaginé un gouvernement reconduisant les mêmes personnalités du régime ? », s’est-il interrogé.
Au-delà de cette affaire, Valère Bessala y voit le symptôme d’une « atmosphère de fin de règne » au sommet de l’État. Il estime que le Cameroun traverse une période de profond désordre institutionnel, qu’il attribue à la gouvernance du président Paul Biya depuis le début de son dernier mandat en 2018.
Selon lui, l’affaiblissement du chef de l’État et la lenteur dans la prise de décision auraient favorisé une situation où chacun, au sein de l’appareil d’État, se sentirait désormais capable d’agir de sa propre initiative.
L’opposant rappelle également une réflexion de l’ancien secrétaire général de la présidence, Marafa Hamidou Yaya Mebara (qu’il cite de mémoire), selon laquelle il serait difficile de travailler auprès du président sans finir par vouloir exercer le pouvoir soi-même. Pour Valère Bessala, cette remarque traduit les conséquences d’une gouvernance jugée lente, marquée par l’absence de sanctions malgré les nombreux scandales ayant émaillé la vie publique.
À ses yeux, cette combinaison de désordre institutionnel, de rivalités internes et de fragilisation du pouvoir explique la multiplication des spéculations autour de la succession présidentielle et des initiatives attribuées à certains acteurs du sérail.
À noter : ces propos reflètent l’analyse et les opinions de Valère Bessala. À ce jour, aucune preuve publique ne permet d’établir que le décret en question était authentique avant d’avoir été modifié, et les autorités camerounaises n’ont pas confirmé cette version des faits.

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