Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a reçu le 20 avril 2026 une délégation réunissant le groupe sud-africain Tiger Brands et le fonds Minkama Capital, afin de faire avancer les aspects réglementaires liés à une transaction estimée à 46,68 milliards de FCFA.
Cette rencontre, à forte portée économique et symbolique, s’est tenue en présence de plusieurs personnalités, dont le Haut-Commissaire d’Afrique du Sud au Cameroun, Mandla Langa, le directeur général de Tiger Brands, Tjaart Kruger, son directeur financier Thushen Govender, ainsi que Fabrice Ndjodo, promoteur de Minkama Capital et futur repreneur majoritaire de la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam).
L’opération, annoncée en novembre 2025, porte sur la cession par Tiger Brands de sa participation de 74,69 % dans Chococam à Minkama Capital. Après 17 ans de présence au Cameroun, le groupe sud-africain se retire ainsi d’un secteur où il a contribué au développement de la filière chocolatière, à la création d’emplois et à la valorisation du cacao local.
Créée dans les années 1960 avec l’appui de la Société Nationale d’Investissement (SNI), Chococam s’est imposée comme un acteur majeur du marché, notamment grâce à ses marques Mambo et Bonbon Kola, exportées en Afrique centrale et occidentale, y compris au Nigeria. Après avoir franchi en 2021 le cap du milliard de rand de chiffre d’affaires, l’entreprise a toutefois connu un recul de ses performances depuis 2022.
Le retrait de Tiger Brands s’inscrit dans une stratégie globale de recentrage, mais il est aussi lié à un différend financier avec l’homme d’affaires Baba Ahmadou Danpullo, qui a conduit à la saisie conservatoire des comptes de Chococam au Cameroun, bloquant le rapatriement des dividendes vers l’Afrique du Sud.
Le rachat, évalué à 76 millions de dollars, sera financé via une dette d’acquisition de 46,676 milliards de FCFA, structurée sous forme de prêt syndiqué par BGFIBank. La finalisation de la transaction reste conditionnée à plusieurs validations réglementaires, notamment celles de la Commission de la concurrence de la CEMAC, ainsi que les autorisations de change et les quitus fiscaux.
Pour le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, cette opération s’inscrit dans la stratégie nationale visant à transformer le cacao camerounais localement, en développant une industrie à forte valeur ajoutée plutôt que de se limiter à l’exportation de matières premières.

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