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Cameroun : pourquoi le patrimoine immobilier de l’État échappe aux compagnies d’assurance

Actualité - Cameroun : pourquoi le patrimoine immobilier de l’État échappe aux compagnies d’assurance
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Au Cameroun, la question de l’assurance des bâtiments publics est revenue au cœur des débats parlementaires. Interpellé par des députés sur l’absence de couverture des immeubles administratifs de l’État, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a apporté une explication qui met en lumière l’ampleur exceptionnelle du patrimoine immobilier public camerounais.

Selon le chef du gouvernement, la principale difficulté réside dans la valeur considérable des actifs détenus par l’État. Les premières opérations d’évaluation menées dans les départements du Mfoundi et du Wouri – qui abritent notamment les villes de Yaoundé et Douala – estiment déjà ce patrimoine à plus de 1 500 milliards de FCFA. Un montant qui ne représente qu’une partie du patrimoine national, les inventaires n’étant pas encore totalement achevés sur l’ensemble du territoire.

Face à de tels volumes, les compagnies d’assurance opérant sur le marché camerounais se retrouvent confrontées à un défi majeur : leur capacité financière à couvrir simultanément des risques aussi importants. Assurer des centaines de bâtiments administratifs, ministères, infrastructures publiques et autres édifices stratégiques nécessiterait des garanties financières considérables ainsi que des mécanismes de réassurance internationaux particulièrement robustes.

Cette situation explique pourquoi l’État continue, dans une large mesure, à assumer lui-même les risques liés à son patrimoine immobilier. En cas de sinistre majeur – incendie, catastrophe naturelle ou dégradation importante –, les réparations et reconstructions sont généralement financées sur ressources publiques plutôt que par une indemnisation assurantielle classique.

Le dossier soulève toutefois plusieurs interrogations. Certains experts estiment qu’une couverture partielle ou progressive de certains bâtiments stratégiques pourrait être envisagée, notamment pour les infrastructures à forte valeur économique ou institutionnelle. D’autres plaident pour la mise en place de mécanismes spécifiques associant l’État, les assureurs locaux et les grands réassureurs internationaux afin de mieux protéger les actifs publics.

Au-delà de la question assurantielle, ce débat révèle surtout l’importance croissante des efforts entrepris pour recenser et valoriser le patrimoine de l’État. Longtemps insuffisamment documentés, les biens immobiliers publics font aujourd’hui l’objet d’un travail d’inventaire destiné à améliorer leur gestion, leur sécurisation et leur rentabilité.

Pour les autorités camerounaises, l’enjeu est désormais double : disposer d’une cartographie précise des actifs publics tout en trouvant des solutions adaptées pour protéger un patrimoine dont la valeur réelle pourrait se chiffrer à plusieurs milliers de milliards de francs CFA à l’échelle nationale.


 

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