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Canicule : la France enregistre déjà un millier de décès supplémentaires

Actualité - Canicule : la France enregistre déjà un millier de décès supplémentaires
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Alors que les températures commencent enfin à redevenir plus respirables sur le territoire, les premières données de la mortalité liée à la vague de chaleur exceptionnelle viennent de tomber. L'agence nationale Santé publique France (SpF) a annoncé qu'un millier de décès supplémentaires par rapport à la moyenne habituelle ont été recensés depuis la forte intensification de la canicule. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait déjà averti qu’une surmortalité « supérieure à la normale » était redoutée. Ce chiffre de 1 000 décès en excès confirme l'extrême sévérité de cet épisode de onze jours, d'ores et déjà décrit par les spécialistes comme plus intense que la canicule emblématique de l’été 2003.

Les observations de l’agence sanitaire mettent en évidence une rupture statistique brutale à partir du moment où le thermomètre a franchi la barre des 40 °C à travers le pays :

  • Avant la canicule : La France enregistrait une moyenne habituelle de 900 à 1 000 décès quotidiens toutes causes confondues au cours des mois de printemps.
  • Pendant le pic : Plus de 1 200 décès ont été enregistrés pour la seule journée du mercredi 24 juin. Ce bilan s'est encore alourdi pour atteindre plus de 1 400 décès quotidiens les jeudi 25 et vendredi 26 juin.

L’augmentation des décès a été particulièrement violente dans les régions placées en vigilance rouge, un niveau d'alerte qui a couvert jusqu’aux trois quarts du pays au plus fort de la crise (notamment en Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie et Pays de la Loire). Sans surprise, les populations vulnérables paient le tribut le plus lourd. Selon Santé publique France, 85 % des personnes décédées en excès avaient plus de 65 ans. Autre indicateur alarmant de cet épisode : les décès survenus directement à domicile ont bondi de 40 %, touchant de plein fouet les personnes isolées ou vivant dans des logements mal isolés.

En parallèle, les services de secours ont fait face à une surcharge critique. À Paris, le Samu a enregistré jusqu'à 109 décès en 24 heures, soit trois à quatre fois la normale. Aux urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, les chefs de service décrivent une situation de saturation où « tout le monde est dépassé ». De plus, la chaleur extrême a indirectement entraîné d'autres drames, l'agence comptabilisant déjà 74 noyades mortelles sur le territoire.

L'agence de santé publique a toutefois insisté sur le fait que ce bilan d'un millier de morts est "très partiel". En raison des délais de remontée des données de mortalité par les mairies et les hôpitaux, ainsi que de "l'effet à retardement" de la chaleur sur les organismes fatigués, les autorités préviennent déjà que la mortalité finale imputable à cette canicule sera nettement plus élevée.

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